Prévention des risques professionnels : comment l’assurer ? Guide complet
24.03.2026 / Santé-sécurité au travail

« Mieux vaut prévenir que guérir ». Dans la vie quotidienne comme professionnelle, cette expression n’a jamais été aussi vraie. La place de la prévention doit être prépondérante au sein d'une entreprise, afin de garantir la santé physique et mentale et la sécurité de ses collaborateurs. Entre prise de conscience liée à un accident ou proactivité pour réduire les risques avant qu'ils ne surviennent, il est indispensable d'intégrer une démarche de prévention adaptée et structurée. Dans ce dossier, nous vous invitons à découvrir tout ce qu’il faut savoir sur la prévention des risques : ce à quoi ça correspond, qui ça concerne, comment la mettre en place.
La prévention des risques professionnels : qu’est-ce que c’est ? définition
La prévention des risques correspond aux dispositions que l’entreprise doit mettre en œuvre pour assurer la santé physique et mentale et la sécurité des salariés. Dans les faits, il s’agit de mesures clairement définies dans l’article L4121-1 du Code du travail, comprenant :
- « Des actions de prévention des risques professionnels ;
- Des actions d’information et de formation ;
- La mise en place d’une organisation et de moyens adaptés »
Source : Article L4121-1 du Code du travail
Pourquoi prévenir les risques ?
Une entreprise a tout intérêt à prévenir les risques, du fait des conséquences importantes sur son fonctionnement telles que :
- Des accidents du travail : souvent liés à des chutes ou à l’utilisation d’équipements non adaptés.
- Des maladies professionnelles : généralement chroniques, elles sont dues à une exposition prolongée ou intense à un danger professionnel.
- Des troubles musculosquelettiques (TMS) : port de charges lourdes, mouvements répétitifs.
- L’absentéisme et le turnover : fatigue, troubles physiques ou mentaux.
- La dégradation du climat social : tensions internes, démotivation des équipes, baisse de la productivité et image négative.
Les coûts de l’inaction : accidents du travail et risques psychosociaux
Ce que représentent les accidents du travail
Ont été déclarés près de deux décès et plus de 100 accidents de travail par jour en 2024 (Source).
À ces conséquences humaines s’ajoutent des coûts directs, directement liés au nombre d’accidents, comme l’augmentation des cotisations AT/MP.
Ce que représentent les risques psychosociaux
Il est beaucoup plus difficile de quantifier les coûts directs des RPS. Le think tank Institut Sapiens estime ces coûts à 108 milliards d’euros/an.
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Les obligations de l’employeur en matière de prévention des risques
La prévention des risques professionnels fait partie des obligations pour l’employeur privé ou public. Il est astreint à une obligation de résultat. Il doit donc adapter sa démarche de prévention aux caractéristiques de l’entreprise (taille, moyens mobilisables, organisation, etc.).
Cela se traduit par les mesures suivantes :
- 1° Des actions de prévention des risques professionnels, y compris ceux mentionnés à l’article L. 4161-1 ;
- 2° Des actions d’information et de formation ;
- 3° La mise en place d’une organisation et de moyens adaptés.
Elles figurent dans le Code du travail (article L.4121-2), qui précise les 9 principes généraux de la prévention. Ces principes doivent guider l’employeur dans la mise en œuvre de la prévention, pour les différentes catégories de risques.
- Éviter les risques : supprimer l’exposition au danger chaque fois que c’est possible.
- Évaluer les risques qui ne peuvent être évités : identifier les situations de travail dangereuses et mesurer l’exposition au danger (importance du document unique).
- Combattre les risques à la source : prévenir le plus en amont possible, dès la définition des méthodes et la conception des postes de travail.
- Adapter le travail à l’homme et non l’inverse : concevoir le travail de manière à minimiser les effets sur la santé des salariés.
- Tenir compte de l’évolution de la technique : mettre à jour la démarche de prévention et les moyens mis en œuvre au fur et à mesure des avancées technologiques et méthodologiques.
- Remplacer ce qui est dangereux par ce qui n’est pas dangereux ou par ce qui est moins dangereux : choisir le procédé ou le produit le moins dangereux pour obtenir le même résultat.
- Planifier la prévention en y intégrant, dans un ensemble cohérent, la technique, l’organisation du travail, les conditions de travail, les relations sociales et l’influence des facteurs ambiants, notamment les risques liés au harcèlement moral et au harcèlement sexuel : la prévention doit inclure non seulement la technique, l’organisation et les conditions de travail, mais aussi les facteurs liés à l’environnement et aux relations au travail.
- Prendre des mesures de protection collective en leur donnant la priorité sur les mesures de protection individuelle : utiliser des équipements de protection individuelle seulement en complément des dispositions de protection collective.
- Donner les instructions appropriées aux travailleurs : organiser une information et une formation des salariés à la connaissance des risques et des mesures de prévention face au risque.
La place de la formation dans la prévention des risques
Elle constitue une action de prévention à part entière qui permet la réduction des risques d’accidents du travail.
La formation permet de répondre à des obligations de formation générale à la sécurité, notamment lors de certaines conditions de travail. Nous détaillons ces formations dans notre dossier.
La prévention correspond à un écosystème complexe où s’intègrent de nombreux aspects :
- La Qualité de vie et les conditions de travail (QVCT)
- La promotion du développement personnel
- La gestion des risques psychosociaux
- L’identification des risques
A ce titre, la formation joue un rôle fondamental.
En s’appuyant sur le document d’évaluation des risques (DUERP), et avec l’aide du médecin du travail et des acteurs de la prévention, l’employeur définit le contenu des formations à la prévention pour les salariés.
Il peut opter pour des formations assurées par des salariés, formés le plus souvent en ayant recours à un organisme extérieur. L’employeur peut également confier la formation de ses salariés à un organisme spécialisé comme le CNFCE. Ce choix présente certains avantages, en particulier :
- Celui de disposer d’une formation actualisée ;
- Et de bénéficier d’un intervenant neutre pour ce qui est des relations hiérarchiques.
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Quelles formations pour quel niveau de prévention des risques professionnels ?
Prévention primaire en contexte professionnel
La prévention primaire en entreprise regroupe l’identification des différents risques encourus par les employés sur leur lieu de travail. Ces actions de repérage et d’évaluation permettent d’agir sur l’environnement de travail afin de procurer un maximum de sécurité aux salariés. Elles sont cruciales pour prévenir les accidents du travail ou l’apparition de maladies professionnelles.
Pour préserver la santé et la sécurité au travail, tant au niveau physique que psychique, il est nécessaire de considérer :
- La nature des tâches à accomplir ;
- L’ergonomie du poste de travail ;
- La dangerosité des machines ou produits manipulés au quotidien ;
- La charge de travail ;
Les formations adaptées correspondent à des actions de prévention visant à supprimer ou réduire les risques à la source.
Formation DUERP (document unique)
Formation référent santé-sécurité en entreprise
Etc.
Prévention secondaire
La prévention secondaire intervient lorsque des problèmes récurrents sont identifiés. Il s’agit de trouver des moyens de prévention afin d’y remédier rapidement. L’action porte alors sur l’individu, par exemple :
- Fournir des sièges adaptés aux employés de bureau souffrant de troubles musculosquelettiques (TMS) dus à leur situation de travail ;
- Former les manutentionnaires aux gestes des professionnels de la manutention afin de limiter les blessures liées au port de charges lourdes ;
- Enseigner les techniques de gestion du stress et de relaxation aux salariés souffrant de troubles psychosociaux.
On compte également la formation des sauveteurs-secouristes du travail, du fait de la participation active des SST à la prévention des risques.
Dans ce cas, les formations adaptées ont un objectif de réparation des risques déjà présents. Nous pouvons citer les formations suivantes :
Formation RPS : prévention des risques psychosociaux
Formation prévention du burn-out
Formation prévenir l’hyperconnexion
Formation gestion des conflits
Etc.
Prévention tertiaire en contexte professionnel
La prévention tertiaire intervient dans une logique de réparation. Soit à la suite d’un accident ou bien pour prendre en charge les travailleurs souffrant de maladies déjà installées. Axée sur les conséquences, cette forme de prévention vise à prendre en charge l’employé fragilisé. L’objectif est de trouver des solutions médicales, sociales et psychologiques pour permettre au salarié de continuer à participer à la vie de l’entreprise.
Différents dispositifs peuvent être mis en œuvre :
- Aménagement du poste ou des horaires de travail pour suivre un protocole de soins ;
- Reclassement ;
- Mise en place d’un suivi psychologique suite à un événement violent subi par l’ensemble des personnels ou dans le cadre d’une situation individuelle.
Maladie, accident ou encore burn-out : la prévention tertiaire survient dans l’urgence, lorsque les dégâts ont déjà été faits. Une politique de prévention des risques professionnels est donc plus efficace lorsqu’elle se base sur différentes actions d’éducation et de promotion de la santé, impliquant à la fois employeur et employés.
Formation aménagement des bureaux
Formation gestion de crise en entreprise
Formation accompagnement d’un salarié en souffrance
Formation mener un entretien en cas de harcèlement
Structurer son plan de prévention : les bonnes pratiques
Mettre en place un plan de prévention efficace repose sur une démarche structurée, continue et adaptée à la réalité de votre entreprise. Voici une checklist des bonnes pratiques à intégrer :
Identifier et évaluer les risques (DUERP)
Vous devez réaliser et mettre à jour régulièrement le Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels (DUERP), en recensant l’ensemble des risques par unité de travail. Cette étape constitue le socle de toute démarche de prévention.
Exemple : dans un entrepôt logistique, vous identifiez les risques de chute liés aux sols glissants et les risques de troubles musculosquelettiques liés à la manutention manuelle.
Hiérarchiser les risques et définir des priorités d’action
Il est nécessaire de classer les risques selon leur gravité et leur probabilité d’occurrence afin de prioriser les actions de prévention les plus urgentes et les plus impactantes.
Exemple : un risque de chute de hauteur fréquent sera traité en priorité par rapport à un risque ponctuel de coupure mineure.
Mettre en place un plan d’actions concret et mesurable
Vous êtes tenu de définir des actions de prévention adaptées (techniques, organisationnelles, humaines), avec des objectifs clairs, des indicateurs de suivi et des échéances précises.
Appliquer les principes généraux de prévention
Vous devez intégrer systématiquement les 9 principes définis par le Code du travail (éviter les risques, combattre à la source, privilégier la protection collective, etc.) dans chaque décision liée à la santé et à la sécurité.
Former et sensibiliser les salariés
Assurez-vous de mener des actions régulières de formation à la sécurité, adaptées aux postes et aux risques identifiés, ainsi que des campagnes de sensibilisation pour renforcer la culture de prévention.
Exemple : organiser une formation gestes et postures pour les manutentionnaires et une session de sensibilisation aux risques psychosociaux pour les managers.
Désigner et mobiliser les acteurs de la prévention
Identifier les interlocuteurs clés : référent santé-sécurité, CSE, service de prévention et de santé au travail (SPST), encadrement, permet de favoriser la coopération entre ces acteurs.
Exemple : nommer un référent sécurité chargé de suivre le DUERP et organiser des réunions trimestrielles avec le CSE et le médecin du travail.
Adapter les postes et les conditions de travail
Intégrer l’ergonomie, l’organisation du travail et la charge de travail dans votre démarche de prévention permet de limiter les risques physiques et psychosociaux.
Assurer un suivi régulier et une amélioration continue
Évaluez l’efficacité des actions mises en place, analysez les accidents ou incidents (arbre des causes) et ajustez votre plan de prévention en conséquence.
Impliquer les salariés dans la démarche
Encouragez les remontées terrain, les retours d’expérience et la participation active des équipes pour identifier les situations à risque et co-construire des solutions.
Exemple : mettre en place un système de remontée des situations dangereuses ou organiser des ateliers participatifs sur la sécurité au travail.
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- La prévention des risques professionnels : qu’est-ce que c’est ? définition
- Pourquoi prévenir les risques ?
- Les obligations de l’employeur en matière de prévention des risques
- La place de la formation dans la prévention des risques
- Quelles formations pour quel niveau de prévention des risques professionnels ?
- Structurer son plan de prévention : les bonnes pratiques
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