PST5 2026-2030 : Tout comprendre sur le Plan Santé au travail
10.08.2026 / Réglementation santé au travail

Le plan-santé au travail et sa nouvelle mouture PTS5 couvrant la période 2026-2030 propose une feuille de route complète en matière de prévention des risques professionnels. Composé de 5 priorités et de 4 axes stratégiques, il offre aux entreprises une visibilité sur les actions à mettre en place pour garantir la santé et la sécurité de leurs collaborateurs. Dans ce dossier d’actualité du CNFCE, nous vous invitons à découvrir les principaux changements apportés par le PTS5, ses priorités et ses axes fondamentaux en matière de sécurité et de prévention des risques.
Ce qu’il faut retenir
- Le PST5 fixe la feuille de route nationale de santé au travail pour 2026-2030.
- Il privilégie la prévention primaire afin d’agir avant l’accident, la maladie ou la désinsertion professionnelle.
- Ses cinq priorités couvrent les accidents graves, la santé des femmes, les risques émergents, l’absentéisme et la santé mentale.
- Ses quatre axes et dix objectifs renforcent l’évaluation des risques, la formation et le dialogue social.
- Les entreprises sont invitées à transformer leur DUERP en actions concrètes, suivies et adaptées aux réalités du travail.
Qu’est-ce que le PST5 ?
Depuis 2004, le Plan santé au travail organise les orientations nationales de prévention. L’État l’élabore avec les partenaires sociaux et les acteurs institutionnels. Le PST5 couvre la période 2026-2030.
Cette cinquième édition fusionne avec le plan consacré aux accidents du travail graves et mortels. Cette évolution doit améliorer la cohérence des actions destinées aux publics les plus exposés :
- Les jeunes travailleurs,
- les nouveaux arrivants
- et les intérimaires font partie des publics prioritaires.
Le plan sera décliné dans les régions par les DREETS, via les plans régionaux santé au travail. Chaque action dispose d’indicateurs de suivi. Une clause de revoyure doit aussi permettre d’adapter le plan aux évolutions du travail.
PST5 2026-2030 : ce qui change
Le cinquième Plan santé au travail, ou PST5, fixe la feuille de route nationale jusqu’en 2030. Il place la prévention primaire au centre des politiques de santé au travail. Son objectif consiste à agir avant l’accident, la maladie ou la désinsertion professionnelle.
Présenté le 5 juin 2026, ce plan concerne directement les employeurs, les RH et les managers. Il les invite à mieux évaluer les risques et à transformer le DUERP en actions concrètes. Voici ses priorités et les leviers à mobiliser dans l’entreprise.
Les cinq priorités du Plan santé au travail 2026-2030
1. Prévenir les accidents graves et mortels
Le PST5 renforce la prévention des accidents graves et mortels. Il vise notamment l’accueil, l’information et la formation des publics vulnérables. Une vigilance particulière concerne la première année d’activité.
Il prévoit d’améliorer la connaissance des facteurs professionnels associés aux risques cardiovasculaires. L’organisation des secours et l’isolement de certains travailleurs font également partie des sujets traités.
2. Mieux protéger la santé des femmes au travail
Le PST5 veut mieux intégrer les différences d’exposition entre les femmes et les hommes. Il encourage une évaluation des risques différenciée selon le sexe. Cette approche doit éviter qu’une organisation ou un équipement masque des risques spécifiques.
Le plan prévoit aussi d’adapter la conception des équipements de protection individuelle. Il renforce la prévention des violences sexistes et sexuelles au travail. Ces sujets doivent rejoindre l’évaluation des risques et les actions de prévention.
Limitez les violences sexuelles et sexistes à l'aide de la prévention
Formez l’ensemble de vos collaborateurs aux actions de prévention à mettre en place pour assurer la santé et la sécurité de l’ensemble de vos collaboratrices.
3. Anticiper le climat et les risques émergents
Le dérèglement climatique modifie les conditions de travail. Les épisodes de forte chaleur exposent davantage certains métiers. L’entreprise doit intégrer ces situations dans son évaluation et son organisation.
Le PST5 cite également les PFAS, le radon, les zoonoses et les conduites addictives. Il prend en compte les transformations numériques, dont l’intelligence artificielle générative. Un observatoire consacré à l’IA et au travail est mentionné dans le plan.
Pour en savoir plus, consultez notre dossier sur le changement climatique et ses risques.
4. Prévenir l’absentéisme et la désinsertion professionnelle
Le PST5 aborde l’absentéisme sous l’angle de la prévention et de l’accompagnement. Il invite les entreprises à agir sur les causes liées au travail. Le retour après un arrêt mérite également une préparation adaptée.
Cette démarche rejoint la prévention de l’usure et de la désinsertion professionnelle. Elle suppose une détection précoce des situations fragiles. Les RH, les managers et les services de prévention et de santé au travail doivent coordonner leurs actions.
5. Promouvoir la santé mentale et prévenir les RPS
Le PST5 prévoit une offre plus lisible pour accompagner les entreprises. Il encourage aussi le développement du secourisme en santé mentale dans le milieu professionnel.
La prévention des risques psychosociaux doit rester collective. Elle porte sur l’organisation, la charge, les relations et les moyens disponibles. Une action centrée uniquement sur les comportements individuels reste insuffisante.
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Les quatre axes et les dix objectifs du PST5
Axe 1 : promouvoir la culture de prévention
Objectif 1 : transformer le DUERP en un plan d’action suivi, hiérarchisé et adapté aux risques réels de l’entreprise.
Objectif 2 : mobiliser les employeurs, donneurs d’ordre, encadrants et salariés pour ancrer la prévention dans les pratiques quotidiennes.
Objectif 3 : associer les salariés et leurs représentants aux transformations du travail afin de préserver les conditions de travail.
Objectif 4 : concevoir, équiper et maintenir des lieux de travail sûrs, sains et adaptés aux activités exercées.
Axe 2 : prévenir les risques professionnels
Objectif 5 : renforcer et cibler les actions de prévention sur les risques majeurs et les secteurs d’activité prioritaires.
Objectif 6 : adapter les démarches de prévention aux jeunes, intérimaires et autres publics fortement exposés aux accidents et maladies professionnelles.
Axe 3 : préserver la santé tout au long de la vie professionnelle
Objectif 7 : détecter précocement l’usure professionnelle et accompagner les salariés menacés de désinsertion professionnelle.
Objectif 8 : décloisonner les acteurs de la santé au travail afin d’assurer un suivi plus lisible et continu de l’état de santé des travailleurs.
Axe 4 : anticiper et gérer les crises et les risques émergents
Objectif 9 : structurer la veille, l’alerte et la réponse aux crises ou événements de santé inhabituels en milieu professionnel.
Objectif 10 : développer et coordonner la recherche pour produire des connaissances utiles face aux nouveaux enjeux de santé au travail.
Ces objectifs mobilisent l’évaluation, la formation, le dialogue social et le suivi médical. La QVCT sert également de levier pour améliorer durablement les conditions de travail.
Pour aller plus loin, consultez notre guide sur la rédaction du DUERP.
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