Changement climatique : pourquoi il devient un risque professionnel majeur pour les entreprises

18.06.2026 / Santé-sécurité au travail

Changement climatique risque entreprise

Les épisodes de chaleur intense, les sécheresses, les inondations, les tempêtes ou encore la dégradation de la qualité de l'air ont des répercussions concrètes sur les conditions de travail. Ces phénomènes peuvent affecter la santé des salariés, perturber les activités et fragiliser la continuité des opérations. Pour les employeurs, la question n'est donc plus de savoir si le climat aura un impact sur leur activité, mais comment anticiper et gérer ces nouvelles formes de risques. Dans ce dossier, nous vous invitons à découvrir comment anticiper ces risques et à les intégrer dans une démarche proactive de prévention des risques.

Des risques professionnels en forte augmentation

Les vagues de chaleur, un risque immédiat

Selon l’Organisation internationale du travail (OIT), le changement climatique expose déjà des centaines de millions de travailleurs à des risques professionnels accrus liés notamment à la chaleur, aux rayonnements ultraviolets, à la pollution atmosphérique et aux événements météorologiques extrêmes.

Source : Les Echos

Les épisodes de fortes chaleurs constituent aujourd’hui l’un des impacts les plus visibles du changement climatique sur le monde du travail. Les salariés exerçant en extérieur, notamment dans le bâtiment, les travaux publics, l’agriculture, les espaces verts ou encore la logistique, sont particulièrement exposés. Toutefois, les travailleurs de bureau ne sont pas épargnés lorsque les locaux sont mal ventilés ou insuffisamment adaptés aux fortes températures.

Les conséquences représentent des risques directs pour la santé :

  • Déshydratation,
  • épuisement thermique,
  • coups de chaleur,

À cela s’ajoutent une baisse de la vigilance, une diminution des capacités de concentration et une augmentation du risque d’accident du travail.

Dans certains secteurs, la chaleur peut également affecter significativement la productivité.

Pour aller plus loin, consultez notre dossier « Comment garantir la sécurité de ses collaborateurs en période de canicule ? »

Les impacts sur la santé mentale

Les conséquences du changement climatique ne se limitent pas aux risques physiques. Elles touchent également la santé psychologique des salariés.

L’éco-anxiété, qui désigne l’inquiétude liée aux conséquences environnementales futures, progresse dans de nombreux secteurs, notamment chez les jeunes actifs. Cette préoccupation peut se traduire par un sentiment d’impuissance, une perte de sens ou un stress chronique.

Par ailleurs, lorsqu’un salarié est directement confronté à un événement climatique majeur dans sa sphère personnelle — inondation, incendie ou tempête par exemple — les répercussions émotionnelles peuvent se prolonger dans le cadre professionnel. Les entreprises ont donc intérêt à intégrer progressivement cette dimension dans leurs démarches de qualité de vie et des conditions de travail (QVCT).

De nouveaux risques biologiques

L’évolution des conditions climatiques favorise également l’apparition ou le développement de certains risques biologiques.

La hausse des températures et les modifications des écosystèmes contribuent à l’expansion de certains vecteurs de maladies, (comme le moustique tigre). Dans certaines régions, la prolifération de bactéries ou de champignons peut également être favorisée par des conditions climatiques plus chaudes et plus humides.

Ces évolutions concernent particulièrement les professionnels de santé, les agents des collectivités territoriales ainsi que les salariés intervenant régulièrement dans des environnements naturels ou exposés.

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Une obligation de prévention pour les employeurs

Le Code du travail impose à l’employeur de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs.

À ce titre, les risques liés aux évolutions climatiques doivent être évalués au même titre que les autres risques professionnels. Cette démarche suppose :

  • d’identifier les situations d’exposition,
  • d’actualiser régulièrement le Document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP)
  • et de mettre en œuvre des mesures de prévention adaptées.

L’information et la formation des salariés constituent également des leviers essentiels.

Découvrez comment assurer une bonne prévention des risques professionnels, grâce à notre dossier.

Comment adapter son organisation ?

1.    En renforçant l’évaluation des risques

La première étape consiste à analyser concrètement les conséquences possibles du climat sur l’activité de l’entreprise. Cette analyse doit prendre en compte les postes les plus exposés à la chaleur, les déplacements professionnels, la vulnérabilité des bâtiments et les conséquences potentielles d’événements météorologiques extrêmes.

Cette réflexion gagne à être menée collectivement en associant la direction, les ressources humaines, les managers, les acteurs de la prévention et les représentants du personnel.

2.    En adaptant les conditions de travail

L’organisation du travail doit parfois évoluer pour limiter l’exposition des salariés aux risques climatiques. Cela peut passer par :

  • un aménagement des horaires durant les périodes de fortes chaleurs,
  • la création d’espaces de repos adaptés,
  • un accès renforcé à l’eau potable ou encore le recours au télétravail lorsque les circonstances le permettent.

L’objectif est de protéger les collaborateurs tout en maintenant un niveau d’activité compatible avec les contraintes opérationnelles de l’entreprise.

3.    En développant les compétences managériales

Les managers occupent une position centrale dans la prévention des risques liés au climat. Ils doivent être en mesure d’identifier les signaux d’alerte, d’adapter l’organisation du travail en fonction des conditions rencontrées et d’accompagner les équipes dans des situations parfois inédites.

Le développement de ces compétences devient progressivement un enjeu stratégique pour les entreprises confrontées à des environnements de travail plus instables.

4.    En intégrant le climat dans la stratégie QVCT et RSE

Les organisations les plus avancées ne considèrent plus le changement climatique comme un sujet exclusivement environnemental. Elles l’intègrent dans leur politique de santé au travail, leur démarche QVCT, leur stratégie de développement des compétences et leurs plans de résilience.

Cette approche globale permet de mieux anticiper les risques tout en renforçant l’engagement des collaborateurs et la capacité de l’entreprise à faire face aux transformations à venir.

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Le changement climatique, nouveau défi des compétences

L’émergence de ces nouveaux risques fait apparaître des besoins de formation spécifiques. Les entreprises doivent désormais renforcer leurs connaissances en matière de prévention des fortes chaleurs, de gestion de crise, de continuité d’activité ou encore de management des risques climatiques.

Pour les responsables RH, les managers, les préventeurs et les membres du CSE, la montée en compétences sur ces sujets devient un levier essentiel d’anticipation et de performance durable.