Quelles sont les 6 classes de feu et quel extincteur utiliser ?

Quelles sont les 6 classes de feu en 2026 et quel extincteur utiliser ?

22.10.2026 / Santé-sécurité au travail
Rédigé par Jordan H.

Temps de lecture estimé: 12 min

Un homme vérifie différents types d'extincteurs

Un feu de bois ne se combat pas comme un feu d'huile de friture ou une fuite de gaz enflammée : la norme ISO 3941 a défini 6 classes de feu permettant d'orienter vers l'extincteur adapté. À l'issue de ce dossier, vous connaîtrez les différentes classes A, B, C, D, F et L, leurs exemples concrets et leurs risques propres, et vous serez capable de choisir le moyen d'extinction adapté à chaque situation.

Ce qu’il faut retenir

  • La classe A regroupe les feux de matériaux solides (bois, papier, textile…) qui se combattent à l’eau pulvérisée ou à la poudre ABC.
  • La classe B concerne les liquides inflammables et solides liquéfiables (essence, solvants, peintures…) : les extincteurs à mousse ou à poudre sont recommandés.
  • La classe C regroupe les feux de gaz (méthane, propane, butane…) : il faut couper l’arrivée de gaz avant toute extinction à l’extincteur à poudre.
  • La classe D (métaux comme l’aluminium ou le magnésium) et la classe F (huiles de cuisson) imposent chacune un agent extincteur spécifique, sans eau ni poudre ABC.
  • La classe L, ajoutée par la norme ISO 3941 en 2026, isole désormais les feux de batteries lithium-ion, pour lesquels aucun extincteur normalisé n’existe encore en France.

Qu’est-ce que le triangle du feu ?

Un feu ne peut naître et se maintenir que par la réunion de trois éléments : un combustible, un comburant et une énergie d’activation. C’est ce qu’on appelle le triangle du feu.

  • Le combustible désigne toute matière capable de brûler : bois, papier, textile, liquide inflammable, gaz ou métal.
  • Le comburant, le plus souvent l’oxygène contenu dans l’air, est l’élément qui permet au combustible de s’enflammer et d’entretenir la combustion.
  • L’énergie d’activation (ou source de chaleur) est l’élément qui déclenche le feu. Il peut par exemple s’agir d’une étincelle, d’une bougie ou encore d’un court-circuit.

Supprimer l’un de ces trois éléments suffit à arrêter un feu, c’est le principe qui guide le choix de chaque moyen d’extinction présenté dans ce dossier.

Cette logique explique pourquoi un même geste peut être efficace sur un type de feu et dangereux sur un autre. Verser de l’eau sur un feu de solide refroidit le combustible et l’étouffe, alors que la même eau projetée sur une huile de friture enflammée provoque une projection violente de vapeur brûlante. Comprendre la nature du combustible en présence est donc la première étape avant de choisir un extincteur.

Pour ancrer ces mécanismes en situation réelle, s’entraîner sur une unité mobile reproduisant des feux réels reste le moyen le plus concret de mémoriser les bons réflexes.

Les différentes classes de feu

La norme internationale ISO 3941 classe les feux selon la nature du combustible impliqué, information gravée sur chaque extincteur sous forme de lettre : A, B, C, D et F, auxquelles s’ajoute désormais une sixième classe, L, dédiée aux feux de batteries lithium-ion. Cette classification sert de base pour choisir l’extincteur adapté dans un bureau, un atelier ou une cuisine professionnelle, et pour organiser le matériel de secours en fonction des risques réels du local.

ClasseExemples de matériauxMoyen d’extinction recommandé
Pictogramme feu de classe ABois, papier, carton, textile, caoutchoucEau pulvérisée, eau avec additif, poudre ABC
Pictogramme feu de classe BEssence, solvants, peintures, plastiques fondusMousse, poudre BC/ABC, CO2 sur petits foyers
Pictogramme feu de classe CMéthane, propane, butane, acétylèneCouper le gaz, puis utiliser un extincteur à poudre BC ou ABC
Pictogramme feu de classe DSodium, magnésium, aluminium en poudre, lithium métalliquePoudre spéciale adaptée au métal concerné, ne jamais utiliser d’eau
Pictogramme feu de classe FHuiles et graisses de cuissonExtincteur classe F (agent saponifiant) et possibilité d’utiliser une couverture anti-feu. Ne jamais utiliser d’eau
Pictogramme feu de classe LBatteries lithium-ion (outillage, vélos électriques, véhicules)Aucun extincteur normalisé existant ; refroidissement à l’eau et mise à distance recommandée
Feu électrique (ne représente pas une classe à part entière)Armoires, câbles, appareils sous tensionCO2 ou poudre, jamais d’eau ni de mousse sans couper le courant

Classe A : les feux de matériaux solides

Les feux de classe A concernent les matériaux solides qui brûlent en formant des braises : bois, papier, carton, textile, caoutchouc ou certains plastiques. Ce sont les feux les plus fréquents en entreprise, qu’il s’agisse d’un stock de cartons, d’un poste de travail ou de mobilier de bureau. Le risque principal tient à la reprise du feu : même après disparition des flammes, les braises internes peuvent raviver l’incendie si le combustible n’est pas totalement refroidi.

Quel moyen d’extinction utiliser pour un feu de classe A ?

L’eau, pure ou pulvérisée, reste le moyen le plus efficace car elle refroidit le combustible en profondeur et empêche toute reprise. L’extincteur à eau pulvérisée avec additif est généralement recommandé en premier choix dans les bureaux et ateliers, et l’extincteur à poudre polyvalente ABC constitue une alternative correcte en l’absence de point d’eau.

Classe B : les feux de liquides et solides liquéfiables

Cette classe regroupe les liquides inflammables et les solides qui se liquéfient sous l’effet de la chaleur : essence, solvants, peintures, alcools, goudrons ou plastiques fondus. Le risque spécifique est l’embrasement rapide en nappe : le liquide enflammé peut s’étaler et propager le feu bien au-delà du point d’origine, en particulier s’il coule au sol ou dans un caniveau.

Quel moyen d’extinction utiliser pour un feu de classe B ?

L’extincteur à mousse est le plus adapté car il forme un film qui étouffe la nappe en coupant son contact avec l’air. L’extincteur à poudre BC/ABC agit aussi efficacement en interrompant la réaction chimique de combustion, tandis que l’extincteur à CO2 convient surtout aux petits foyers et au matériel électrique à proximité, sans laisser de résidu.

Classe C : les feux de gaz

Les feux de classe C concernent les gaz combustibles : méthane, propane, butane ou acétylène. Leur particularité est que la flamme peut persister tant que le gaz continue de s’échapper, et une extinction mal maîtrisée entraîne un risque d’explosion si le gaz non brûlé s’accumule et se réenflamme au contact d’une source de chaleur.

Quel moyen d’extinction utiliser pour un feu de classe C ?

La première action consiste toujours à couper l’arrivée de gaz avant toute tentative d’extinction : éteindre la flamme sans arrêter la fuite ne fait que différer un risque d’explosion. Une fois l’alimentation coupée, un extincteur à poudre BC ou ABC permet de maîtriser les flammes résiduelles en refroidissant la zone.

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Classe D : les feux de métaux

Les feux de classe D touchent certains métaux comme le sodium, le magnésium, l’aluminium en poudre, le titane ou le lithium métallique, que l’on retrouve notamment dans l’industrie métallurgique. Ces feux dégagent une chaleur extrême et réagissent violemment au contact de l’eau, qui peut provoquer une projection de métal en fusion ou une réaction chimique explosive.

Quel moyen d’extinction utiliser pour un feu de classe D ?

Seule une poudre spéciale adaptée au métal concernée permet d’étouffer ce type de feu sans réaction dangereuse. Il n’existe malheureusement pas d’agent extincteur universel. À défaut, du sable sec ou du ciment sec peuvent limiter la propagation en attendant les secours, mais l’eau est formellement proscrite sur un feu de métal.

Classe F : les feux d’huiles et graisses de cuisson

Cette classe distingue les feux d’huiles et de graisses végétales ou animales utilisées en cuisine, qui se comportent différemment des liquides inflammables de classe B. Au-delà d’une certaine température, l’huile s’auto-enflamme et le moindre apport d’eau provoque une projection explosive de vapeur surchauffée, aggravant brutalement le sinistre.

Quel moyen d’extinction utiliser pour un feu de classe F ?

L’extincteur spécifique classe F, à base de solution saponifiante, refroidit l’huile et forme une pellicule qui l’isole de l’air sans provoquer de projection. Une couverture anti-feu peut compléter ce dispositif sur une friteuse domestique, mais reste insuffisante seule sur un équipement professionnel de grande capacité.

Classe L : les feux de batteries lithium-ion

La norme ISO 3941 ajoute une sixième classe, désignée par la lettre L, pour isoler les feux de batteries lithium-ion jusque-là rattachés par défaut à la classe D des métaux. Ces feux concernent des équipements de plus en plus présents en entreprise et dans la vie courante : outillage électroportatif, vélos et trottinettes électriques, véhicules hybrides ou dispositifs de stockage d’énergie. Le principal risque repose sur le fait qu’une batterie en emballement thermique peut se rallumer plusieurs heures après une extinction apparente, ce qui impose de surveiller le foyer bien au-delà de la disparition des flammes visibles.

Quel moyen d’extinction utiliser pour un feu de classe L ?

La norme ne définit à ce jour aucun agent extincteur associé à cette nouvelle classe, et il n’existe pas encore de référentiel reconnu contre ce risque en France. En pratique, les services de secours privilégient un refroidissement abondant à l’eau pour limiter la propagation aux cellules voisines, une mise à distance de sécurité et une surveillance prolongée.

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Et les feux d’origine électrique ?

Les feux d’origine électrique ne constituent plus une classe à part depuis la suppression de l’ancienne classe E : un feu qui démarre sur une installation électrique peut correspondre en réalité à un feu de classe A, B ou C selon le combustible qui s’enflamme (isolants, plastiques, gaz…).

La présence de courant impose cependant d’utiliser un extincteur non conducteur, comme le CO2 ou la poudre, et de couper l’alimentation avant toute intervention avec un agent à base d’eau.

Comment bien choisir et utiliser son extincteur en entreprise ?

Le choix d’un extincteur ne se limite pas à sa classe : sa capacité, son emplacement et la fréquence de vérification doivent aussi être pris en compte pour couvrir les risques réels du local à protéger. Un lieu de travail sur lequel se trouvent plusieurs familles de combustibles différents nécessite souvent plusieurs types d’extincteurs complémentaires plutôt qu’un modèle unique supposé polyvalent.

La sécurité incendie concerne tous les types d’établissements, qu’il s’agisse d’un bureau, d’un atelier ou d’un établissement recevant du public.

Au-delà du matériel, c’est l’entraînement des équipes qui conditionne l’efficacité réelle d’une extinction : un salarié qui n’a jamais manipulé un extincteur hésite, se trompe de modèle ou agit trop tard. S’exercer sur des générateurs de flammes reproduisant chaque classe de feu permet de lever cette appréhension. Pour compléter cette approche, il est également important de former ses salariés à l’évacuation en cas d’incendie. Nous vous invitons également à consulter notre dossier sur la protection des salariés face aux fumées d’incendie.

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Questions fréquentes

Pourquoi n’existe-t-il pas de classe E pour les feux électriques ?

Il n’existe pas de classe E car la classification des feux se fait selon la nature du combustible, pas selon la source d’allumage, comme le détaille le guide ED 6054 de l’INRS. Un feu qui démarre sur une installation électrique reste donc un feu de classe A, B, C ou autre selon le matériau qui s’enflamme, avec pour seule précaution d’utiliser un extincteur non conducteur tant que le courant n’est pas coupé.

Combien d’extincteurs une entreprise doit-elle installer au minimum ?

Le Code du travail impose au moins un extincteur portatif à eau pulvérisée d’une capacité minimale de 6 litres pour 200 m² de plancher, ainsi qu’un appareil par niveau, selon l’article R4227-29 du Code du travail. Les locaux présentant des risques particuliers, notamment électriques, doivent être équipés d’extincteurs dont le nombre et le type sont adaptés à ces risques spécifiques.

Les extincteurs doivent-ils être vérifiés chaque année ?

Oui, une vérification annuelle par un professionnel est la pratique de référence retenue par les assureurs et les organismes de contrôle, via le référentiel APSAD R2 et la norme NF S 61-919. Le Code du travail impose seulement que les extincteurs restent en bon état de fonctionnement, sans fixer de périodicité précise.

Quelle différence existe-t-il entre un feu de classe B et un feu de classe C ?

La classe B regroupe les liquides inflammables comme l’essence, les solvants ou les peintures, tandis que la classe C concerne les gaz combustibles comme le propane, le butane ou le méthane. Sur un feu de classe C, la priorité est de couper l’arrivée de gaz avant toute extinction, car l’extincteur à poudre ne fait que maîtriser temporairement les flammes sans supprimer le risque d’explosion. Les produits combustibles portent souvent des pictogrammes définis par l’étiquetage CLP, qui permettent de repérer ces dangers avant tout incident.

Quel extincteur utiliser pour un feu de batterie lithium-ion de classe L ?

Il n’existe à ce jour aucun agent extincteur normalisé  pour cette classe, créée par la norme ISO 3941:2026 pour isoler les feux de batteries lithium-ion jusqu’alors rattachés à la classe D. En pratique, les services de secours privilégient un refroidissement abondant à l’eau, une mise à distance de sécurité et une surveillance prolongée, car ces feux peuvent se rallumer plusieurs heures après une extinction apparente.

Au-delà de connaître l’extincteur adapté à chaque classe, la prévention incendie repose sur une organisation complète : détection, évacuation, formation des équipes. Un parcours de formation sécurité incendie permet de couvrir l’ensemble de ces obligations en un seul programme adapté à votre activité.

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