Étiquetage CLP : quels sont les 9 pictogrammes de danger ?

Étiquetage CLP : connaître les 9 pictogrammes de danger

05.10.2026 / Santé-sécurité au travail
Rédigé par Jordan H.

Temps de lecture estimé: 8 min

Pictogrammes CLP

L'étiquetage CLP structure la manière dont un produit chimique signale ses dangers, des 9 pictogrammes normalisés aux mentions qui les accompagnent. Comprendre l'origine de ce système, la différence entre substance et mélange et le contenu d'une fiche de données de sécurité permet aux équipes de manipuler ces produits en toute connaissance de cause. Dans ce dossier, nous vous détaillons les symboles à reconnaître et les réflexes à transmettre sur le terrain.

Ce qu’il faut retenir

  • Le règlement CLP (CE n°1272/2008) transpose en Europe le SGH de l’ONU et impose les pictogrammes au losange rouge depuis 2010 pour les substances et 2015 pour les mélanges.
  • Le CLP distingue 33 classes de danger réparties en 4 familles : dangers physiques, dangers pour la santé, dangers pour l’environnement et danger supplémentaire lié à la couche d’ozone.
  • Neuf pictogrammes normalisés (SGH01 à SGH09) signalent chacun un type de danger, un même produit pouvant en porter plusieurs à la fois.
  • La fiche de données de sécurité, structurée en 16 rubriques, complète obligatoirement l’étiquette de tout produit chimique classé dangereux.
  • Substance et mélange ne suivent pas la même méthode de classification : essais directs ou calcul par seuils de concentration des substances dangereuses.

CLP et SGH : de quoi parle-t-on ?

Le sigle CLP désigne le règlement européen (CE) n°1272/2008 relatif à la classification, à l’étiquetage et à l’emballage (Classification, Labelling and Packaging) des substances et mélanges chimiques. Ce texte s’applique directement dans tous les États membres de l’Union européenne et encadre la manière dont un fabricant, un importateur ou un distributeur doit classer un produit chimique selon ses dangers, puis l’étiqueter et l’emballer en conséquence.

Le règlement CLP transpose en droit européen le SGH (Système Général Harmonisé de classification et d’étiquetage des produits chimiques), élaboré par l’ONU pour uniformiser à l’échelle mondiale les critères de danger et les symboles associés. Avant son entrée en vigueur, les produits chimiques étaient classés selon un système européen antérieur, avec des pictogrammes orange et noir aujourd’hui disparus des rayonnages professionnels.

Le règlement CLP, qui introduit les pictogrammes de danger à symbole noir sur fond blanc encadré de rouge, est obligatoire pour les substances depuis le 1er décembre 2010 et pour les mélanges depuis le 1er juin 2015. Les anciens symboles orange ont progressivement été remplacés, avec une période transitoire ayant pris fin le 1er décembre 2012 pour les substances et le 1er juin 2017 pour les mélanges déjà mis sur le marché.

Substance ou mélange : quelle différence pour le classement CLP ?

Le règlement CLP distingue deux catégories de produits chimiques dont la méthode de classification diffère sensiblement : substance et mélange.

  • Une substance est un élément chimique ou l’un de ses composés, à l’état naturel ou obtenu par un procédé de fabrication, sans additif destiné à en modifier la composition.
  • Un mélange, à l’inverse, résulte de la combinaison de deux substances ou plus : une peinture, une colle, un détergent ou un solvant industriel sont ainsi des mélanges au sens du CLP, même lorsqu’ils ne contiennent qu’une seule substance active.

Cette distinction a des conséquences directes sur l’étiquetage. Pour une substance, la classification s’appuie généralement sur des données d’essai directes. Pour un mélange, le fabricant peut soit faire tester le produit fini, soit appliquer une méthode de calcul fondée sur les concentrations de chaque substance dangereuse qui le compose, comparées à des seuils définis pour chaque classe de danger. C’est ce second mécanisme, appelé méthode de pontage, qui explique pourquoi deux produits aux usages proches peuvent porter des étiquettes très différentes.

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Pictogrammes de danger CLP

Les 33 classes de danger du règlement CLP

L’annexe I du règlement CLP répartit les dangers chimiques en 33 classes, regroupées en quatre grandes familles. Cette architecture a évolué depuis 2023 avec l’ajout de nouvelles classes liées aux perturbateurs endocriniens et aux substances persistantes.

Dangers physiques (17 classes)

  • Explosibles
  • Gaz inflammables
  • Aérosols inflammables
  • Gaz comburants
  • Gaz sous pression
  • Liquides inflammables
  • Matières solides inflammables
  • Substances et mélanges autoréactifs
  • Liquides pyrophoriques
  • Matières solides pyrophoriques
  • Substances et mélanges auto-échauffants
  • Substances et mélanges qui, au contact de l’eau, dégagent des gaz inflammables
  • Liquides comburants
  • Matières solides comburantes
  • Peroxydes organiques
  • Substances et mélanges corrosifs pour les métaux
  • Explosibles désensibilisés

Dangers pour la santé (11 classes)

  • Toxicité aiguë
  • Corrosion ou irritation cutanée
  • Lésions oculaires graves ou irritation oculaire
  • Sensibilisation respiratoire ou cutanée
  • Mutagénicité sur les cellules germinales
  • Cancérogénicité
  • Toxicité pour la reproduction
  • Toxicité spécifique pour certains organes cibles, exposition unique
  • Toxicité spécifique pour certains organes cibles, exposition répétée
  • Danger par aspiration
  • Propriétés perturbatrices endocriniennes pour la santé humaine

Dangers pour l’environnement (4 classes)

  • Dangereux pour le milieu aquatique
  • Propriétés perturbatrices endocriniennes pour l’environnement
  • Propriétés persistantes, bioaccumulables et toxiques (PBT/vPvB)
  • Propriétés persistantes, mobiles et toxiques (PMT/vPvM)

Danger supplémentaire (1 classe)

  • Dangereux pour la couche d’ozone

Chaque classe se subdivise ensuite en catégories de gravité, ce qui détermine le ou les pictogrammes apposés sur l’étiquette. Le détail de ces règles de classification est abordé pas à pas dans la formation SGH-CLP sur les règles de classification et d’étiquetage.

Les 9 pictogrammes de danger CLP et leur signification

Sur une étiquette CLP, le danger se matérialise par un pictogramme en forme de losange blanc à bordure rouge. Le règlement en prévoit neuf, chacun associé à une ou plusieurs classes de danger, et un même produit peut en porter plusieurs simultanément.

PictogrammeCode SGHSignificationExemple de produit
SGH01ExplosifFeu d’artifice
Pictogramme CLP SGH02SGH02InflammableAlcool à 90°, essence
Pictogramme CLP SGH03SGH03ComburantEau oxygénée concentrée
Pictogramme CLP SGH04SGH04Gaz sous pressionBouteille d’azote
Pictogramme CLP SGH05SGH05Corrosif peau/yeux/métauxAcide chlorhydrique
Pictogramme CLP SGH06SGH06Toxicité aiguë mortellePesticide concentré
Pictogramme CLP SGH07SGH07Irritant, nocifEau de javel diluée
Pictogramme CLP SGH08SGH08Effets graves sur la santéCertains solvants industriels
Pictogramme CLP SGH09SGH09Toxique pour l’environnementCertains biocides
Les 9 pictogrammes de danger CLP en un coup d’œil

La lecture correcte de ces symboles conditionne les mesures de prévention à appliquer avant toute manipulation : port d’équipements de protection, ventilation adaptée, stockage séparé de certains produits incompatibles entre eux. Un pictogramme n’a de sens que s’il est lu avec la mention de danger et le conseil de prudence qui l’accompagnent sur l’étiquette.

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Que contient une fiche de données de sécurité (FDS) ?

La fiche de données de sécurité est un document que tout fournisseur de substance ou de mélange classé dangereux doit transmettre gratuitement à l’utilisateur professionnel, en complément de l’étiquette. Elle répond à une structure imposée par le règlement REACH, en seize rubriques numérotées, ce qui permet de retrouver la même information au même endroit quel que soit le fabricant.

Parmi les rubriques les plus consultées figurent :

  • l’identification du produit et du fournisseur
  • l’identification des dangers et les mentions associées
  • la composition du mélange
  • les mesures de premiers secours
  • les consignes de lutte contre l’incendie
  • les précautions de stockage et de manipulation
  • les équipements de protection individuelle recommandés
  • les informations toxicologiques et écologiques.

Les rubriques 14 à 16 renseignent sur le transport, la réglementation applicable et les éventuelles restrictions d’usage.

La FDS doit être rédigée dans la langue du pays où le produit est mis sur le marché et mise à jour par le fournisseur dès qu’une nouvelle information sur le danger est disponible. Pour maîtriser sa conception, vous pouvez suivre une formation concevoir une FDS.

Pour les équipes qui manipulent quotidiennement des produits chimiques, croiser la lecture de l’étiquette et celle de la FDS reste le réflexe de base avant toute opération de stockage, de transvasement ou d’élimination. Suivre une formation sur le thème des produits chimiques et de la sécurité en entreprise permet d’ancrer ce réflexe dans les pratiques quotidiennes des opérateurs.

Comment former ses équipes à la lecture des étiquettes CLP ?

Une étiquette CLP bien lue évite une mauvaise manipulation, mais elle suppose de savoir associer un pictogramme à une mention de danger et à un conseil de prudence. Dans la pratique, former ses équipes consiste à leur apprendre à repérer en priorité les pictogrammes SGH06 et SGH05, qui appellent une vigilance immédiate, avant d’examiner les autres indications présentes sur l’emballage.

Pour les entreprises qui stockent ou éliminent des produits classés, cette lecture conditionne aussi le tri des déchets dangereux et leur traçabilité jusqu’à leur filière d’élimination finale. Une session pratique, basée sur des étiquettes réelles issues du stock de l’entreprise, ancre ces repères bien mieux qu’un rappel théorique isolé.

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