Désinformation en entreprise : pourquoi et comment lutter ?

21.01.2026 / Management
Rédigé par Thomas G., avec l'expertise de Simon D.

comment lutter contre la désinformation

La désinformation ou « fake news », peut avoir un impact concret sur une entreprise, tant sur son image externe (baisse des ventes et perte de crédibilité) qu’interne (perte de confiance ou climat social dégradé). Cette diffusion d’informations fausses peut néanmoins être enrayée par des principes simples et facilement applicables. Dans ce dossier, réalisé grâce à l’expertise de Simon D., formateur en journalisme, nous vous invitons à découvrir comment lutter contre la désinformation.

Comment identifier une information fiable dans un flux constant de contenus ?

Une information fiable repose sur des faits vérifiables et des sources clairement identifiées.

La désinformation, quant à elle, correspond à la diffusion d’informations fausses ou trompeuses, en vue :

  • D’influencer l’opinion
  • De nuire
  • De manipuler

Il faut se poser des questions simples : sait-on qui parle ? La date et le lieu de l’événement sont-ils précisés ?

La pluralité des points de vue est également fondamentale : une information fiable ne repose pas sur une source unique mais doit être corroborée par d’autres, y compris contradictoires.

C’est ce que l’on appelle “croiser les sources”. Une information devient crédible lorsqu’elle est reprise par un grand nombre de médias reconnus.

Il est enfin essentiel de replacer l’information dans son contexte : de quel site provient-elle ? Qui en est l’auteur ? Quand a-t-elle été diffusée ?

La plupart des médias traditionnels ont lancé des sites de fact-checking dédiés à la vérification de l’information :

  • les décodeurs du Monde,
  • Check-News de Libération,
  • AFP factuel,
  • le vrai ou faux de France Info.

Quels réflexes adopter en entreprise face à une information douteuse ?

 

Le premier réflexe consiste à douter.

Ce n’est pas rejeter l’information mais plutôt refuser de l’accepter sans la vérifier. C’est ainsi que l’on développe son esprit critique, sans pour autant verser dans la défiance systématique.

Les écoles de journalisme enseignent la technique des 5W pour écrire un article de la manière la plus “objective” possible. Ces cinq questions doivent se retrouver dans une dépêche d’agence de presse dès les premières lignes pour qu’un article puisse prétendre être journalistique, c’est-à-dire basé sur des faits vérifiables.

C’est une excellente grille de lecture à transposer en entreprise pour vérifier une information qui nous parait douteuse :

  • Who / Qui : qui est l’auteur de l’information ?
  • What / Quoi : quel est le sujet ? Les faits et les chiffres sont-ils sourcés et vérifiables ?
  • Where / Où : d’où provient l’information ? S’agit-il d’un site identifié et légitime ?
  • When / Quand : quand cette information est-elle apparue? Est-elle récente ou date-t-elle de plusieurs années (et donc souvent hors sujet) ?
  • Why / Pourquoi ? Quel est le contexte de cette information ? Pourquoi circule-t-elle et me parvient-elle ?

S’y ajoute le How / Comment : comment l’information est-elle formulée au niveau du fond et de la forme (ton alarmiste, titre sensationnaliste, images choquantes, absence de nuances, etc.) ?

Un bon réflexe consiste à vérifier l’information sur un moteur de recherche. Si rien n’apparait, si aucune source fiable ne confirme l’information, il vaut mieux se méfier et ne pas diffuser l’information.

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Pourquoi la désinformation fonctionne-t-elle si bien, même chez les professionnels ?

La désinformation repose le plus souvent sur une opinion, une rumeur qui n’est pas établie sur des faits mais qui appartient au registre de l’émotion, du sensationnel.

Elle mobilise des ressorts puissants (peur, indignation, révélation), qui captent l’attention, attirent l’oeil et font cliquer.

Il faut aussi distinguer trois types d’informations trompeuses :

  • La mésinformation : la diffusion involontaire de fausses informations sans volonté de nuire ;
  • La désinformation : la fabrication et la diffusion intentionnelle de fausses informations avec volonté de nuire ;
  • La malinformation : la divulgation ou l’utilisation d’informations fiables (le plus souvent privées ou confidentielles) avec volonté de nuire.

 

Parallèlement, la défiance généralisée envers les médias traditionnels s’est accélérée depuis une dizaine d’années.

L’explosion de l’information (l’infobésité) coïncide avec l’ère numérique et l’apparition des chaines  d’information en continu au milieu des années 90.

 

La désinformation n’a pas attendu l’arrivée d’Internet pour inonder nos cerveaux. Le concept remonte à la nuit des temps avec la manipulation de l’opinion, la propagande, les stratégies d’influence. Le mot fake-news s’est imposé dans le langage commun à partir de 2016.

 

En revanche, la toute-puissance des algorithmes, les flux personnalisés des réseaux sociaux et l’essor des IA génératives ont favorisé les “biais de confirmation” : je vois ce que je veux croire, les informations que l’on me donne confortent mes croyances, je vis dans une bulle informationnelle… un terrain particulièrement propice à la désinformation.

 

Pour toutes ces raisons, les fausses informations circulent bien plus rapidement que les informations fiables. Les entreprises sont aujourd’hui particulièrement visées, avec des répercussions néfastes pour leur image, leur réputation et in fine pour leurs stratégies, leurs recrutements et leurs performances.

Comment sensibiliser les équipes sans tomber dans la méfiance excessive ?

Il ne s’agit pas d’installer un climat de suspicion permanente.

L’objectif n’est pas de transformer chaque collaborateur en enquêteur mais plutôt de généraliser les bonnes pratiques au sein de l’entreprise.

 

Sensibiliser, c’est développer l’esprit critique des équipes en étant bienveillant : accepter qu’une information mérite d’être vérifiée sans que cela remette en cause la compétence ou la bonne foi de la personne qui la relaie. Dire « je ne sais pas » ou « je vais vérifier » doit devenir un réflexe professionnel quotidien, sans que cela devienne une affaire d’état et que cela remette en cause la cohésion du groupe.

 

La sensibilisation passe aussi par le partage d’outils concrets :

  • grilles de lecture,
  • exemples tirés de situations réelles de l’entreprise ou de son secteur,
  • cas pratiques montrant les conséquences d’une désinformation sur une décision, une réputation ou une stratégie.

Quel rôle jouent les managers dans la prévention de la désinformation ?

Le premier rôle d’un manageur est de montrer lexemple. Citer ses sources, contextualiser une information et reconnaître ses incertitudes permet d’envoyer un signal clair à ses équipes : je suis transparent avec vous.

 

Pour fédérer les équipes, les managers doivent diffuser une culture du doute dans un cadre de travail serein : un collaborateur doit pouvoir questionner une information sans crainte d’être perçu comme défiant ou contestataire.

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Bio Simon D.

Notre expert : Simon D.

Simon D., expert des métiers de l’écrit depuis vingt ans, a exploré les domaines de la presse, de l’édition, du cinéma et de la communication institutionnelle. Ancien journaliste, scénariste et plume ministérielle, il est aujourd’hui formateur certifié en communication, storytelling et techniques rédactionnelles.

Ses formations sur-mesure, fondées sur l’écoute et l’échange, sont plébiscitées par ses clients.

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