Cas client : former des collaborateurs logistiques au français professionnel pour renforcer autonomie, sécurité et inclusion

Une enseigne française du commerce et de la distribution a sollicité le CNFCE pour construire un dispositif de formation Français Langue Étrangère (FLE) adapté à environ 400 collaborateurs logistiques. L'objectif : améliorer la compréhension des consignes, fluidifier la communication au travail et renforcer l'autonomie des salariés, tout en respectant les contraintes d'exploitation.

Volume

+ de 400 collaborateurs formés

Durée du dispositif

1 an de déploiement

Public concerné

Collaborateurs logistiques et salariés opérationnels peu francophones

Format

Ateliers pratiques de 2 heures, jusqu’a 4 ateliers par jour

Cas client rédigé par Renaud Baudier – Directeur commercial au CNFCE

Fort de ses 20 ans d’expérience dans la formation, Renaud maîtrise parfaitement le pilotage de projets formation dans le secteur privé et public. Avec plus de 2 000 projets formation gérés, il dispose d’une connaissance solide de ce métier.

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Notre client

Le client est une enseigne française du commerce de détail et de la distribution, organisée autour de fonctions magasin, logistique, manutention et support. Le projet concernait principalement des collaborateurs exerçant dans des environnements opérationnels où la compréhension du français intervient dans les consignes, les procédures, les documents internes et les échanges quotidiens.

Dans ce type d’organisation, la langue professionnelle n’est pas un sujet périphérique. Elle conditionne la capacité à comprendre une instruction, à signaler une difficulté, à respecter une procédure et à participer à la vie de l’équipe.

Contexte client : former un volume de salariés importants

Le client souhaitait poursuivre sa politique de développement des compétences en permettant à des salariés peu francophones d’accéder à une action de formation réellement adaptée à leur situation de travail.

Une formation purement technique n’aurait pas traité la difficulté principale observée sur le terrain : pour certains collaborateurs, la maîtrise limitée du français pouvait freiner la compréhension des consignes, la communication avec les équipes et l’autonomie dans certaines démarches professionnelles ou administratives.

Le dispositif devait donc répondre à quatre contraintes simultanées : former un volume important de salariés, composer avec des niveaux linguistiques hétérogènes, maintenir la continuité d’exploitation et rendre la formation utile dès les premières séances.

Dans les métiers logistiques, les apprentissages ne se limitent pas à la langue générale : ils portent sur des consignes de travail, des procédures internes, des documents de sécurité, des échanges avec l’encadrement et des situations de coopération entre collègues. Ce besoin rejoint un enjeu national plus large.

L’ANLCI indique que 10,5 % des adultes de 18 à 64 ans scolarisés en France sont en forte difficulté avec au moins une compétence de base ; parmi les personnes concernées, la moitié est en emploi. France compétences intègre par ailleurs la communication en français au socle de connaissances et de compétences professionnelles Cléa.

Le graphique ci-dessous met en perspective le projet avec les données publiques disponibles sur les compétences de base :

La réponse du CNFCE : Création d’un dispositif de formation adapté au contexte et au niveau des participants

Le CNFCE a conçu un dispositif reposant sur des ateliers pratiques de deux heures, déployés sur une année complète. Jusqu’à quatre ateliers pouvaient être programmés chaque jour afin de former progressivement les équipes sans bloquer l’activité opérationnelle.

Les participants ont été répartis par groupes de niveau. Cette organisation a permis de sécuriser les apprentissages, de respecter le rythme de chacun et d’éviter qu’un écart trop important entre apprenants ne freine la progression collective.

Certaines sessions ont été organisées en horaires décalés pour s’adapter aux rythmes des équipes logistiques. Ce choix a été déterminant pour rendre le dispositif compatible avec le terrain, en particulier lorsque les prises de poste, les flux ou les contraintes de production limitaient la disponibilité des collaborateurs.

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Le CNFCE accompagne chaque année plusieurs milliers d’entreprise dans la mise en place d’actions de formation, dont des formations en langue.

Une pédagogie adaptée aux réalités du terrain

La pédagogie a été construite à partir des situations concrètes rencontrées par les participants. L’objectif n’était pas d’enseigner le français de façon abstraite, mais de travailler la langue comme une compétence de travail immédiatement mobilisable.

Les supports utilisés pendant les ateliers comprenaient notamment :

  • Des consignes de travail et documents internes
  • Des supports professionnels utilisés dans l’activité quotidienne
  • Des situations de communication rencontrées dans les entrepôts et services logistiques
  • Des documents personnels apportés par les participants, lorsque leur usage permettait de renforcer l’autonomie

Cette approche a rendu la progression visible pour les stagiaires. Comprendre une consigne, compléter un formulaire, préparer une demande ou mieux dialoguer avec un responsable donne un bénéfice concret, professionnel et parfois personnel. C’est l’un des facteurs qui a contribué à l’amélioration progressive de l’assiduité.

Pourquoi avoir complété le présentiel par des ressources numériques ?

Pour les collaborateurs les plus autonomes, le dispositif présentiel a été complété par des ressources numériques accessibles en autonomie. Des postes informatiques ont été mis à disposition afin de prolonger les apprentissages entre deux ateliers.

Cette modalité complémentaire permettait de différencier les parcours : les participants les plus à l’aise pouvaient s’entraîner davantage, tandis que les ateliers restaient centres sur l’accompagnement humain, l’oral, les documents de travail et les situations professionnelles.

Quels résultats ont été observés pendant le dispositif ?

Le dispositif a accompagné environ 400 collaborateurs logistiques dans le développement de leurs compétences en français professionnel. L’indicateur le plus tangible fourni concerne l’assiduité : le taux de présence est passé d’environ 50 % au lancement à près de 80 % en fin de parcours.

Les effets attendus et observés dans le cadre du projet portent notamment sur :

  • Une meilleure compréhension des consignes et procédures internes
  • Une communication plus fluide entre collaborateurs et avec l’encadrement
  • Un gain d’autonomie dans les situations professionnelles courantes
  • Une meilleure adhésion à la formation grâce à des contenus reliés au quotidien
  • Une démarche de développement des compétences accessible à des salariés peu qualifiés ou éloignés de la formation

Ces résultats ne doivent pas être interprètes comme une mesure exhaustive de progression linguistique, faute de données de positionnement initial et final transmises. Ils montrent en revanche qu’une formation FLE contextualisée peut devenir un dispositif suivi, utile et compatible avec des contraintes logistiques fortes.